Actualités

  • Contact

Association Internationale des Amis de Guillaume Apollinaire

apollinaireaiaga1@gmail.com


  • 15 avril 2026

Chères amies et chers amis apollinariens,

Nous avons à vous annoncer le décès d’un ami apollinarien de longue date : nous apprenons que Helmut von Fisenne est décédé le 11 mars, à l’âge de 87 ans.

Il était le petit-fils de la comtesse  de Milhau, et à ce titre il s’était intéressé, par plusieurs publications, à l’épisode rhénan de la vie d’Apollinaire. 

Helmut a longtemps participé aux colloques Apollinaire de Stavelot. Il était depuis tout aussi longtemps membre de l’Association Internationale des Amis de Guillaume Apollinaire.

Nos pensées et nos plus sincères condoléances vont à sa famille et à ses proches.

Gérald Purnelle, Président de l’AIAGA.

L’inhumation de l’urne a lieu le 12 mai 2026 au cimetière de Poppelsdorf à Bonn, en Allemagne. La cérémonie funéraire débute à 11h00 dans la chapelle du cimetière.

Hommage de Kurt Roessler :

Helmut von Fisenne

1938 – 2026

Helmut von Fisenne est né le 1er août 1938 à Düsseldorf. Sa famille appartenait à la branche allemande d’une aristocratie de fonctionnaires issue de l’ancien principauté épiscopale de Liège (de Fisenne), dont les membres exerçaient pour la plupart la fonction de conseillers juridiques.

Nombre d’entre les Allemands étaient également avocats, parmi lesquels Helmut, son frère Otto et sa sœur Erika von Fisenne. À partir de 1958, il a étudié le droit aux uni­ver­sités de Hambourg et de Fribourg, effectué un stage obligatoire à la Chambre de Commerce franco-allemande de Paris en 1963, puis obtenu une bourse pour étudier à l’université de Montpellier en 1964. Il a initialement envisagé de poursuivre un doctorat et d’intégrer la diplomatie.

En 1961, il rencontra Karin Brunken, alors âgée de 21 ans, qui lui est restée proche en Allemagne et à Bruxelles pendant 65 ans, jusqu’à la fin, et avec qui il était lié par une profonde amitié.

Après avoir occupé un premier poste d’avocat chez Thyssen à Düsseldorf en 1965, il a re­pré­senté l’industrie sidérurgique allemande comme conseiller juridique auprès des institutions européennes à Bruxelles de 1968 à 1978. Il a ensuite exercé des fonctions similaires pour le secteur allemand de la construction et comme lobbyiste à Bruxelles. Il a également pratiqué le droit en cabinet privé.

Bruxelles est demeurée sa résidence permanente de 1968 jusqu’à son décès. Il passait plusieurs semaines chaque année, surtout durant l’été, et souvent avec Karin Brunken, au manoir de Krayer Hof, un domaine médiéval près d’Andernach, qui appartint à la famille jusqu’à son démantèlement et sa vente partielle en 1950.

Son frère aîné, le docteur Otto von Fisenne, fut également un écrivain reconnu de 1956 à 1998, publiant de nombreux articles, notamment d’histoire et d’histoire locale, dans des revues telles que l’Annuaire de l’Eifel, le magazine GEO et le quotidien Die Welt. Il initia Helmut von Fisenne à l’œuvre et à la vie du poète Guillaume Apollinaire, qui avait séjourné fréquemment chez ses grands-parents au domaine de Krayer Hof en 1901 et 1902.

Otto von Fisenne put s’appuyer sur les connaissances familiales, en particulier celles de sa grand-mère, Maria Antonie von Fisenne. Il fut l’une des sources les plus importantes pour les pre­mières analyses de « L’Année allemande » de Guillaume Apollinaire (1901–1902). Ces sour­ces furent intégrées aux travaux des critiques littéraires français Marc Poupon et Michel Dé­cau­din, puis à la biographie d’Apollinaire par Laurence Campa (2013). L’auteur de ces lig­nes, qui a dirigé les recherches récentes et les actions de sensibilisation du public sur ce sujet de 1985 à nos jours, doit également beaucoup aux échanges constants avec Otto von Fisenne.

En lien avec les œuvres littéraires de son frère, Helmut von Fisenne a rassemblé un impor­tant recueil d’Apollinaria lors de ses fréquentes incursions dans les librairies et les boutiques d’antiquités, notamment à Bruxelles et à Paris, qu’il a conservé et dont il a exposé une partie dans le salon du manoir du Krayer Hof. La pièce maîtresse de ces documents est la lettre de recommandation que l’employeuse d’Apollinaire, Élinor Vicomtesse de Milhau, lui a déli­v­rée le 24 août 1902 à sa Villa Neu-Glück à Bennerscheid près d’Oberpleis, en sa qualité de précepteur de sa fille Gabrielle.

À l’instar de l’auteur, Helmut von Fisenne était membre de l’Association Internationale des Amis de Guillaume Apollinaire (AIAGA) depuis les années 1980 ; il en fut également mem­bre du conseil d’administration. Il participa activement à la plupart des manifestations Apol­linaire à Paris et à Stavelot jusqu’en 2020. Il a exposé à plusieurs reprises sa collection au Krayer Hof, où il accueillit chaleureusement ses visiteurs, notamment lors de l’excursion de 1995 du 17e Colloque International Guillaume Apollinaire de Stavelot aux bords du Rhin. Il a donné une conférence au Colloque International de 2001 à Bad Honnef, à l’occasion du cente­naire du séjour d’Apollinaire en Rhénanie [1]. Deux de ses essais figurent dans les ouvrages accompagnant les expositions de 2002 [2,3]. On trouve également des références à son sujet dans la biographie de Laurence Campa mentionnée précédemment.

Depuis 2005, Helmut von Fisenne était également chevalier d’honneur de la célèbre confrérie folklorique des Blancs Moussis de Stavelot, afin de renforcer les liens entre la ville et l’AIAGA. Bien que la branche allemande de sa famille ne portât pas le titre d’un « Freiherr von Fisenne », l’équivalent de « baron de Fisenne » qui apparaît parfois dans les documents liégeois de l’Ancien Régime, Helmut von Fisenne était affectueusement surnommé « le ba­ron » par les apollinariens et les Blancs Moussis, un titre qu’il portait avec élégance. Helmut von Fisenne se distinguait par sa conversation vive et amicale, où transparaissaient sa con­nais­sance de la littérature et son cosmopolitisme, acquis au cours de ses nombreux voyages à travers le monde. Son excellente maîtrise des langues, acquise grâce à sa profession et à sa vie bruxelloise, facilitait grandement les échanges avec lui.

Nous avons perdu un ami cher et réfléchi, qui a œuvré à nos côtés pendant plus de quarante ans pour la cause d’Apollinaire et dont la famille était directement liée à la biographie de notre poète. Ses grands-parents furent quasiment les seuls en Rhénanie à reconnaître son talent en 1901/02. Helmut von Fisenne hé­rita de leur en­t­housiasme pour Guillaume Apollinaire.

Il est décédé le 11 mars 2026 à Bruxelles.

Merci, cher Helmut.

Kurt Roessler

Requiescas in pace 15 avril 2026

[1] H. v. F.: Les Hölterhoff et leur domiciles / Die Familie Hölterhoff und ihre Wohnstätten. In: Colloque International Guillaume Apollinaire – le Rhin – l’Allemagne, Physikzentrum Bad Honnef, 19–24 août 2001, Michel Décaudin & Kurt Roessler (eds.), Bornheim 2002, 18–19.

[2] H. v. F: Die Hölterhoff, eine Familie des Kölner Großbürgertums. In: Köln im Werk Guillaume Apollinaires, Kurt Roessler (Hrsg.), Bornheim 2002, 17–32.

[3] H. v. F.: Apollinaires Arbeitgeber und Gastgeber – Die Familien Hölterhoff, de Milhau und von Fisenne. In: Guillaume Apollinaire an Mittelrhein und Mosel / Ein Dichter zwischen Spätromantik und Moderne, Kurt Roessler & Klaus Schäfer (Hrsg.), Andernacher Beiträge 17, Andernach, 2002, 45–52.


  • Lundi 9 décembre 2024

L’Association Internationale des Amis de Guillaume Apollinaire soutient sa vice-présidente Madame Claude DEBON dans sa stupéfaction devant une publication récente relative au recueil Calligrammes d’Apollinaire.

Les Éditions Les Saints-Pères, qui se sont spécialisées dans la publication de fac-similés de manuscrits, viennent de faire paraître un Calligrammes, plus exactement la maquette composée par le poète en vue de sa publication au Mercure de France. Le dossier est conservé à la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet.

Or, en 2008, Claude Debon a publié une riche et complète édition critique du recueil, intitulée Calligrammes dans tous ses états, aux éditions Calliopées. Y sont reproduits et commentés tous les états de chaque poème, manuscrits, préoriginales, versions du recueil, et bien entendu ceux de la fameuse maquette, reproduits en couleurs.  

La publication des Saints Pères n’est donc pas une première, et la matière de l’ouvrage de Claude Debon est bien plus large, et pour tout dire quasi exhaustive.

On s’étonne surtout qu’il ne soit fait aucune mention du travail de Claude Debon dans l’ouvrage lui-même (la référence n’a été ajoutée sur le site des Saints Pères que tout récemment) — ceci aurait pourtant relevé des plus élémentaires honnêteté intellectuelle et compétence éditoriale.

On mesure l’écart entre une entreprise éditoriale de luxe et le réel travail scientifique appliqué aux textes.