Réflexions et variations sur la poésie d’Apollinaire

« [J]e regarde et j’écoute » déclare le poète de Calligrammes, tandis que celui de « Vendémiaire » exhorte les « hommes de l’avenir » à se souvenir mais également à écouter : « Écoutez-moi », « [Ecoutez mes chants ». Notre contact avec la poésie d’Apollinaire est en effet un « Contact par l’écoute » (« Guerre », Calligrammes). L’écoute, par la lecture, de ses vers, des images et des sons qui les composent, mais aussi de ceux qui les ont inspirés et qu’ils ont suscités.

Les cinq textes livrés dans ce dossier sont des contributions qui, contrairement à d’autres ensembles publiés sur ERGA, n’ont pas été préalablement orientées par un thème commun, comme le sont les interventions issues d’un colloque ou d’un séminaire. Cependant, il nous est apparu opportun de les réunir car elles mettent toutes en évidence, par des approches diverses, de la recherche scientifique à la création poétique, en passant par la liberté de la « fantaisie », l’ipséité de la poésie apollinarienne.

Ainsi, dans son article intitulé « Apollinaire et le lyrisme », Gérald Purnelle envisage le lyrisme comme une « clé d’entrée » centrale pour comprendre l’unité et l’originalité de la poésie d’Apollinaire, tandis que dans « Apollinaire soleil couchant » Jeanne Véron s’attache à explorer la manière dont le poète renouvelle par sa plume des motifs et des topoï littéraires. François Veilhan propose, dans un texte poétique, une « divagation libre » sur les échos sonores et visuels de « Chantre », célèbre monostique dont la singularité est à l’image de la plume apollinarienne. Cette originalité s’exprime aussi par le choix puissant qu’a fait Apollinaire de déponctuer sa poésie, ce que montre Gérald Purnelle dans « Apollinaire et la déponctuation (à partir d’une lettre de Franz Toussaint) ». Enfin, à travers l’évocation de résonances de la poésie d’Apollinaire dans la chanson « légère » ou « humoristique », Daniel Delbreil explore dans ses « Petites fantaisies apollinariennes ou Le poète mis en chansons par ses apollinariens, même » la fécondité d’une œuvre qui inspire et rassemble, dans la rigueur comme dans l’amusement.

Ce dossier, dont les textes peuvent être lus dans l’ordre indiqué ou picorés comme on pourrait le faire pour un recueil, propose donc « d’amont en aval nos pensées ô rivières » destinées à grossir le riche fleuve des réflexions apollinariennes.

Sommaire :

Gérald Purnelle
Apollinaire et le lyrisme

Jeanne Véron
Apollinaire soleil couchant

François Veilhan
Archéologie sonore d’un poème d’Apollinaire

Gérald Purnelle
Apollinaire et la déponctuation

Daniel Delbreil
Petites fantaisies apollinariennes ou Le poète mis en chansons par ses apollinariens, même